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Le droit au travail pour les personnes handicapées

Editorial de décembre 2008
Article publié le dimanche 21 décembre 2008.


La crise économique ne doit pas balayer le droit au travail des personnes handicapées. Plus que jamais les dispositifs publics et associatifs qui leur viennent en aide doivent être consolidés.

Le droit au travail, droit constitutionnel, est socle de notre contrat républicain et démocratique, de notre cohésion sociale.

Pourtant 17 % des personnes handicapées sont au chômage, deux fois plus que la moyenne de la population active. Bien plus même si l’on prend en compte toutes les catégories de demandeurs d’emploi (on atteint alors le chiffre de 27%, soit plus de 240 000 personnes). Plus le niveau de handicap est élevé, plus le taux de chômage est important. Ceux qui travaillent sont le plus souvent employés dans les secteurs les moins qualifiés et occupent très souvent un emploi précaire (contrat à durée déterminée, contrat aidé, temps partiel, stage).

En ces temps où courte vue et laissez faire se révèlent comme impasses périlleuses, il est bon de rappeler que l’économie doit être mise au service des hommes et non l’inverse, de rappeler que souci social et efficacité économique ne s’opposent pas, mais, au contraire, se conjuguent.

Loin des discours le relativisant ou en décrétant la fin, le travail reste bien la composante incontournable de l’insertion sociale. Facteur d’autonomie et de socialisation, le travail participe, ô combien, à "l’estime de soi", comme "à l’estime des autres".

Pleinement légitime est donc l’aspiration à travailler, qu’elle émane de personnes en situation de handicap ou non.

La prise en compte de la question du handicap se place au centre de l’intérêt public, elle relève de notre vision de l’humain, comme du contrat démocratique et républicain.

Une société se révèle à la manière dont elle traite certains phénomènes significatifs, et le handicap est de ceux-là.

Loin d’être extérieur à notre condition humaine, le handicap en constitue l’un des aspects. La vulnérabilité nous habite tous. Ainsi, prendre en compte le handicap ne relève pas de la commisération, mais bien du lien de fraternité, de solidarité qui donne sens à la vie en société. Dans cette reconnaissance de la dignité des autres, c’est notre propre dignité qui est en jeu. Là encore, "estime de soi" et "estime des autres" ont besoin de se conjuguer.

Pleinement légitime est donc l’aspiration des personnes handicapées à être considérées, non à travers le seul prisme de leur handicap, mais, avant tout, comme personne. La société a besoin de tous, personne qualifiée ou non, personne handicapée ou non.

Ceci dit, reste à combattre l’indifférence, les a priori superficiels, les obscurantismes encore à l’œuvre. Reste à dépasser la gêne, voire la peur, parce qu’il nous confronte à notre propre fragilité, que génère le handicap.

Dépasser ces attitudes premières implique une meilleure connaissance, source de reconnaissance. Les mots ne suffisent pas, il est besoin des faits. Nécessaire pour cadrer l’action le dire doit être suivi par le faire pour emporter l’adhésion.

C’est très concrètement le sens de la démarche des services Emploi-Formation du réseau UNAPEDA qui accompagnent les personnes sourdes et malentendantes en phase d’insertion professionnelle et en emploi. Ces services contribuent à ce que le handicap de surdité ne soit plus l’obstacle à la prise en compte des compétences et concourent à lever les appréhensions, puis à éviter les découragements, les échecs prématurés, sources de renfort des préjugés.

Alors que les temps qui viennent s’annoncent difficiles, inquiétants, l’insistance sur l’importance de la démarche solidaire et citoyenne du réseau UNAPEDA , sur ses avancées, ses succès, est nécessaire. Elle nous conduit à refuser l’abattement, la démission et, tout au contraire, à conforter, à renforcer, en l’affaire, lucidité et pugnacité.

Les évolutions actuelles font craindre que les dispositifs d’aide, publics ou associatifs, pourraient être mis en concurrence entre eux ou avec le secteur privé sur le seul critère d’une rationalité économique, critère dont on sait qu’il n’est pas souvent gage de qualité et d’équité en particulier pour les publics les plus fragiles. Ces services doivent être reconnus comme faisant partie intégrante du paysage de la formation professionnelle et de l’emploi, leur financement assuré de manière pérenne et non soumis aux aléas de la libéralisation des services.


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