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Réponse de Barbara Romagnan, Candidate PS 1ère circonscription du Doubs

Article publié le mercredi 6 juin 2007.


Barbara Romagnan

Candidate PS 1ère circonscription du Doubs

Permanence électorale

5 place de l’Europe

25000 BESANCON

Besançon, le 6 juin 2007

Madame, Monsieur,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour la qualité de l’information que vous m’avez envoyée dans le cadre de cette élection législative. La lecture de votre document m’a permis de mieux cerner les problèmes liés à la déficience auditive. Je suis particulièrement sensible à la question du handicap et me réjouis de pouvoir vous communiquer mon sentiment sur ces enjeux si importants.

Je prévoyais d’organiser lors de ma campagne une réunion thématique sur la prise en compte du handicap et du vieillissement. Par manque de temps, j’ai malheureusement dû abandonner ce projet et je le regrette vivement. J’ai néanmoins consacré l’une de mes lettres hebdomadaires (dont vous trouverez copie en pièce jointe) à ce sujet prioritaire, même si cette initiative reste lacunaire et bien insuffisante.

J’ai donc pris connaissance avec le plus grand intérêt de vos préoccupations et propositions concernant la question plus spécifique du handicap de surdité. Je rejoins la plupart d’entre elles, et suis décidée à agir, si je suis élue, en faveur d’une prise en compte accrue de ce handicap qui touche, à un degré plus ou moins prononcé, 5 millions de personnes dans notre pays.

Je souhaite vivement voir le regard porté sur le handicap changer. Il est temps que la société intègre réellement tous ses membres et, surtout, donne à tous les mêmes chances de construire leur existence. Un handicap est une inégalité que la société doit rééquilibrer en favorisant les conditions de vie de celles et ceux qui en sont victimes. Il est inadmissible que l’on doive payer plus ou quémander l’accessibilité à l’information lorsque l’on est atteint de déficience auditive. C’est à la société d’adapter ses structures, en aucun cas l’inverse.

En tant qu’enseignante, je suis notamment très sensible à la question de la scolarisation des enfants souffrant de surdité. Je me positionne pour l’accueil en milieu ordinaire toutes les fois que cela est possible, mais dans des conditions adaptées à la situation individuelle de chaque enfant. Pour cela, je souhaite que l’on donne les moyens financiers et matériels pour que la loi de février 2005 puisse s’appliquer réellement. Vous pointez du doigt, dans votre rapport, le problème des AVS et EVS et vous avez raison. Cette situation est préoccupante à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il faut bien le reconnaître, par la précarité et l’absence de formation réelle et adaptée - pourtant promise - condamnant ces jeunes gens à perdre prochainement leur emploi (qu’ils apprécient pour la plupart énormément) pour se retrouver de nouveau au chômage. Au niveau de l’accueil des enfants atteints de surdité, ensuite, l’on ne peut se contenter d’un personnel insuffisamment - voire pas du tout - formé à ces problématiques et préparé à assurer un encadrement et une aide adaptés. Je pense qu’il est nécessaire de promouvoir un accompagnement par des personnels spécialisés et qualifiés qui permettront véritablement aux enfants de poursuivre leur scolarité en milieu ordinaire dans les meilleures conditions possibles. C’est la seule façon de sortir du simple affichage de l’égalité des chances, en proposant un accueil adapté des élèves, vecteur d’émancipation individuelle.

Je vous rejoins également sur l’idée selon laquelle on ne peut laisser la seule conscience citoyenne des chefs d’entreprise décider du sort professionnel des adultes déficients auditifs. Je me positionne donc, dans votre sillage, pour une nouvelle modalité de décompte pour les salariés en entreprise, afin que le degré de handicap ne puisse pas être un facteur discriminant devant l’embauche. Je pense également qu’il peut être profitable d’augmenter les pénalités financières pour les entreprises ne respectant pas leur obligation légale d’employer 6% de personnes atteintes de handicap. Il me semble depuis longtemps que la loi doit être forte pour faire évoluer les moeurs et les comportements dans la société. Mais le handicap ne doit pas être accueilli n’importe comment et l’intégration de tous les salariés passe, comme pour l’éducation, par l’existence de moyens véritables permettant aux travailleurs handicapés d’être réellement acceptés et pas simplement tolérés car embauchés par obligation. C’est en soutenant au maximum l’intégration véritable des personnes atteintes de handicap dans tous les lieux de socialisation que nous réussirons à changer réellement le regard sur le handicap.

Pour moi, la question de la responsabilité de la société vis-à-vis de l’ensemble de ses membres est déterminante. C’est bien aux responsables politiques de faire en sorte que l’universalité des droits soit respectée pour chacun, à chaque moment de sa vie : vie scolaire, vie professionnelle, vie personnelle et sociale. Chaque enfant, chaque adulte déficient auditif a le droit de vivre selon ses choix, a le droit de pouvoir communiquer librement avec ses proches, en bénéficiant des supports de traduction que notre modernité peut lui offrir.

Je vous prie de m’excuser pour la brièveté de cette réponse, mais les exigences de la campagne électorale sont nombreuses et le temps compté. En vous priant cependant de croire au grand intérêt que je porte à votre action, veuillez accepter, Madame, Monsieur, mes plus sincères salutations.

Barbara Romagnan

Lettre en PJ à la réponse de Barbara Romagnan

Les campagnes électorales ne permettent pas de parler correctement de tous les sujets. Nombreuses sont les thématiques que j’aurais voulu aborder davantage et mieux. L’une d’elles concerne la question du handicap. Il me semble qu’on en parle souvent mal et trop peu. Les discours sur le handicap donnent souvent l’impression de s’adresser aux personnes handicapées par obligation, avec une méconnaissance totale des problèmes et des accents charitables inutiles et déplacés.

Or les difficultés des personnes handicapées à trouver leur juste place dans la société ne sont pas acceptables et le regard sur le handicap doit changer. On le sait peu, mais 10% de la population est reconnue comme souffrant d’une forme de handicap. L’intégration de toutes ces personnes doit absolument être une priorité des années à venir. C’est une question fondamentale dans la lutte contre toutes les formes de discrimination.

La loi votée en février 2005, qui avance notamment “le droit de tout enfant handicapé à être scolarisé dans l’école de son quartier”, n’est pas satisfaisante. Elle est partielle, insuffisante et souvent mal appliquée, faute de moyens financiers. Elle ne répond pas aux aspirations des personnes handicapées, comme j’ai pu le mesurer lors de mes rencontres sur le terrain.

Je souhaite pouvoir oeuvrer à l’Assemblée nationale en faveur d’une politique ambitieuse, dans tous les domaines de la vie, afin que chaque personne handicapée puisse disposer d’un réel projet de vie. Je veux vivre dans une société dans laquelle le handicap n’est pas caché car dérangeant ; une société qui cesse d’ostraciser la différence ; une société, enfin, qui compose avec tous ses membres et donne sa chance de la même façon à chaque individu.

-  La première priorité est l’intégration scolaire : la règle doit être l’intégration en milieu ordinaire, et les structures spécialisées l’exception, lorsque le handicap ne la rend réellement pas possible.

-  Un effort décisif doit également être engagé en termes d’accessibilité (voirie, bâtiments publics, transports, culture, sports, loisirs, logement) car l’un des droits de l’Homme les plus fondamentaux est la liberté d’aller et venir.

-  L’accès à l’emploi est bien sûr la condition de l’autonomie. Il passe par la formation tout au long de la vie, qui doit être ouverte aux personnes handicapées et le respect des obligations légales d’embauche, dans les entreprises et les administrations, qui devront accroître leur effort aujourd’hui largement insuffisant.

-  S’agissant des revenus, je souhaite qu’on se fixe comme objectif la partié de l’Allocation Adulte Handicapé avec le SMIC.

-  Enfin, j’estime que chaque loi votée devrait prendre en compte la question du handicap, comme c’est déjà le cas en Suède par exemple.


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