Après la réunion du 19 septembre :
Le nouveau dispositif d’accompagnement des étudiants n’est pas opérationnel
Le risque de rupture dans la prise en charge est bien réel
Le lundi 19 septembre s’est tenue une réunion à la DGAS à l’initiative de Mr GOHET, délégué interministériel aux personnes handicapées. Elle regroupait les associations qui mettent en œuvre des accompagnements auprès des étudiants handicapés, des représentants de l’enseignement supérieur, de la DGAS, de la CNSA .
- Les points importants que nous avons retenus
- Les seules assurances que nous ayons à ce jour sont donc :
Pour l’instant aucun des opérateurs n’est en possession de la moindre convention, ni même du moindre écrit, l’assurant d’un financement. A notre connaissance aucune des réunions n’a fait l’objet d’un compte rendu.
Le problème invoqué est : "comment financer les "prestataires", les "tuyaux", pour que l’argent circule, n’existant pas ?
Cette situation est pour le moins ubuesque :
d’un coté des besoins , des étudiants ayant déjà commencé leur rentrée et demandeurs d’accompagnement , des services prêts à répondre ,
d’un autre coté un fonds mais pas de solution technique pour financer les prestataires ...
Le risque de rupture dans la prise en charge est bien réel, les associations ne pourront pas continuer à assurer les accompagnements alors qu’elles ne disposent à ce jour d’aucune information précise.
Ca y est, la catastrophe tant redoutée est arrivée. La rupture d’accompagnement de nos étudiants sourds post-bac hors universités (pour faire court, les BTS) est effective depuis lundi 20 novembre. Pas un centime n’a été versé depuis la rentrée de septembre et pourtant l’accompagnement de nos enfants était assuré. C’est donc la trésorerie de l’URAPEDA Bretagne qui a encaissé le choc. Aujourd’hui, sans aucunes nouvelles du rectorat, il n’est plus possible de continuer. Mon fils en 2ème année de BTS se retrouve donc totalement abandonné et est incapable de suivre les cours délivrés. Malgré les promesses, la loi généreuse est un total fiasco et nos sourds se retrouvent 30 ans en arrière quand l’accès aux études leur était interdit faute de moyens. Nos efforts, parents, enfants, enseignants, associations, auront-ils été vains, nos combats n’auront-ils débouchés que sur une éphémère victoire ? A quel enseignement pourront accéder les générations futures ? Nous sommes tous concernés car l’avenir de nos enfants est en jeu. Ne laissons pas des bureaucrates incompétents ruiner tout ce qui a été construit à ce jour. Nous nous mobilisons pour intervenir auprès des acteurs directs afin que des fonds correspondants aux devis fournis, soient rapidement mis en place au profit de l’URAPEDA Bretagne. Soutenez nous dans cette démarche.
J-Paul (Papa de Cyril sourd profond de naissance en 2ème année de BTS électronique)
Les services « Pôles Etudiants » ont été créés (1993) puis développés par nos associations de parents, effort gigantesque couronnant nos luttes et actions antérieures pour l’intégration des enfants et jeunes sourds dans les collèges et lycées depuis les années 70. Veut-on laisser détruire 30 années d’effort qui ont permis aux jeunes sourds de suivre des scolarités équivalentes aux jeunes entendants ? Nos différentes analyses sur la nouvelle loi pour les personnes handicapées se trouvent malheureusement confirmées : beaucoup de principes généreux affichés, mais pas d’argent pour les financer (sauf pour les « usines à gaz » que sont les procédures complexes que cette loi instaure, véritables futurs « chemins de croix » pour les familles et les personnes handicapées) !
Nos services « Pôles Etudiants », du moins jusqu’à ce jour, font l’admiration et l’envie de toutes les associations de parents en Europe, je l’ai constaté durant les quelques années de ma vice-présidence à la FEPEDA (Fédération Européenne des Parents d’Enfants Déficients Auditifs).
Le coût moyen d’accompagnement par étudiant sourd ou malentendant (environ 7000 euros par an), compte tenu des résultats remarquables obtenus, est faible. Au total pour l’ensemble des étudiants concernés, à peine par exemple l’équivalent du coût de deux ou trois ronds-points. Sachant bien sûr qu’il faut pouvoir répartir cette somme selon les besoins particuliers de chaque étudiant, un étudiant pouvant avoir besoin de 20 000 euros et un autre de beaucoup moins. Seuls nos services régionaux ont la compétence et la connaissance suffisamment fine du cas de chaque étudiant sourd, en concertation avec l’établissement ou l’université d’accueil, pour faire cette évaluation et cette répartition de la manière la plus adaptée et la plus équitable (ce qui ne veut pas dire que ce travail ne doit pas être contrôlé et validé par les instances ad hoc).
Verra t-on nos équipes très professionnalisées (coordination, aides humaines : interprètes LSF, codeurs LPC, interfaces de communication, preneurs en notes formés et rémunérés) remplacées par des intervenants à statut précaires, non qualifiés, non coordonnés, mal rémunérés. Verra t-on s’instaurer des niveaux de prise en charge différents selon que l’étudiant sourd est à l’Université, au lycée en BTS, dans un IUT, dans un établissement d’un autre ministère que celui de l’éducation nationale, dans un établissement de l’enseignement supérieur privé conventionné ou encore dans un établissement privé non conventionné ?
Nos associations de parents créatrices et gestionnaires de ces services « Pôles Etudiants » auraient-elles eu le tort de trop bien réussir ?
Seule la mobilisation des étudiants concernés et de leurs familles, et de nos associations, pourra bloquer ce qui s’annonce comme pouvant être un recul historique.
Elie MARTIN
Des tuyaux, des tuyaux encore des tuyaux ... ou comment faire compliqué quand on peut faire simple (1 subvention que 1 prestataire peut solliciter directement .... contre des subventions que les non prestataires peuvent solliciter pour un prestataire ... ???)
Et pour 100€ de travail de terrain combien combien d’euros pour ces tuyaux ... 300€ ?